Le meurtre du donnant

Quelquefois , je me dis que je ne suis pas normal (et ce n'est pas une gloire, loin s'en faut). Encore que je n'entende pas la non-normalité comme une exception à une quelconque norme ou un état inférieur ou supérieur par rapport à un standard défini. Non. Je pense juste que pour certains points , j'ai une vision différente du plus grand nombre, ce qui fait que ce nombre n'arrive parfois pas à la comprendre.

J'aime bien aider les autres. Dans un temps finalement pas si lointain que ça , ce n'était pas le cas . Ou plutôt c'était moins le cas. Question de sensibilité et de feeling. Aujourd'hui, je me rend compte que je prend un certain "plaisir" à dépanner , à pouvoir leur apporter un coup de main quand les circonstances le demandent. C'est évidemment trois fois rien : un cours par ci , des notes par là. Des peccadilles. Si j'avais un dikkenek , je pourrais assimiler mon altruisme à un tableau sur lequel j'aurai mis quelques touches discrètes pour mieux faire ressortir l'ensemble. Un travail discret , "nécessaire" et inconnu (et c'est très bien comme ça)

Dans la logique étroite du donnant-donnant , j'ai tué le jumeau de l'apport pour en faire un concept unilatéral. Je donne sans vouloir recevoir. On pourrait assimiler ce credo à un mauvais verset exhumé d'un quelconque psaume : pourtant je ne suis pas chrétien et je me fais un point d'honneur à déambuler neutre et sans croix ni bannière .

L'homme qui écrit ces lignes alambiquées n'a beau être qu'un gentil hystérique habillé de bleu ou de noir, qui crie un peu et parle beaucoup pour ne rien dire mais il est heureux d'offrir cette image , aussi agaçante soit-elle. Il est heureux d'offrir en cas de besoin.

Comme quoi, broyer du blanc est aussi agréable que du noir.

2 commentaires:

Hraineins a dit…

S'il fallait attendre que certaines personnes nous rendent du donnant, je pense qu'on ne donnerait pas beaucoup ... Il existe des personnes qui n'ont aucune possibilité d'offrir la répartie de jumeau esseulé, car eux-mêmes sont seuls et ne peuvent qu'attendre un geste. Vouloir aider quelqu'un est un geste altruiste mû par un besoin égoïste, aussi noble soit-il (du style, on ne peut pas voir sans agir, car on ne supporte pas la situation). Et attendre une réciprocité, c'est vouloir un "merci, je reconnais que tu es bon, que tu m'as apporté de l'aide" ... Mais au bout d'un moment, on en a besoin de ce merci, c'est plus fort que nous ...

Bon 'blog' en tout cas ...

Hadrien a dit…

Cher Hrainiens,
Tout d'abord , je te remercie d'avoir pris le temps de lire ce billet et d'y avoir laissé un commentaire. En outre, je m'excuse aussi du délai de ma réponse.

Il est évident que tout altruisme est mû par l'égoïsme , ne fut-ce que déjà par le choix de la personne à aider: ainsi, personnellement, " mon rayon d'action" ne concerne absolument pas des gens auquel je voue X ou Y griefs.

Si la réflexion postée peut me faire passer pour un samiritain, je garde à l'esprit que je reste néanmoins un être humain, avec ses amitiés et hostilités, avec ses moments de bonté et ses coups bas en-dessous de la ceinture. Il est vrai que j'ai besoin d'un merci, ne fut-ce simplement que pour une question de politesse. Pour être franc, je n'en reçois pas souvent. Alors j'ai tendance à prendre les marques de reconnaissance comme un petit trésor que je garde jalousement. Parce qu'il est rare et unique.

D'une certaine manière, donner, aider quelqu'un est une forme inéluctable d'égoïsme. Mais dans une forme plus appréciable et appréciée que la notion originale.

Dans cette acception, je peux affirmer sans ambages que je suis fier d'être égoïste ... à faire le "bien" quand j'en ai l'occasion ;)

Merci en tous cas pour ta réflexion et tes encouragements.

Au plaisir de te lire sur d'autres billets,
Hadrien S.

 
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