C'est comme (une pensée)

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Cette pensée,

C’est comme la fureur d’une rivière endiablée

Dans laquelle un arbre se serait mis à pousser

Et qui réfrénerait cet enthousiasme déchainé

Et même au creux de la vague, il ne pourrait lâcher

Sous peine d’être arraché comme un vulgaire bout de bois


C’est comme parcourir l’étendue d’une page

Et consulter la carte des chapitres, pour partir

C’est vivre l’aventure de l’intrigue, sous l’impression du livre

Et croire à la réalisation d’une péripétie qui peut changer la vie

Tout en sachant que l’impossible ne peut advenir


Et même si je me sens si petit à l’aune de tous ces changements

Je ne peux cependant pas éviter de penser grand



Cette pensée,

C’est comme une caravane embourbée dans le désert

Conduite par un voyageur qui était distrait

Et dont le rêve serait d’emporter ce qu’il considère comme le soleil

En oubliant que s’en approcher, c’est brûler ses repères

Pourtant, il continue de désirer cette richesse qui n’est pas monnaie


C’est comme si le sable des occasions manquées

S’était mis à se solidifier en une idée à laquelle se raccrocher

Tout en promettant que cette fois-ci, elle ne partirait pas en poussière

Et les grains de se glisser alors au creux des réflexions instantanées

De manière à ce que tout se ramène à elle en un coup de fouet


Et même si je me sens petit sous la gifle du vent

Mon esprit essaie de me convaincre que je peux penser grand.



Cette pensée,

C’est comme un fantôme qui se lasserait d’être invisible

Et qui forcerait ses traits au feutre indélébile

Au détriment du reste, juste pour être regardable

Car il n’a pas compris que tout pouvait être écrin

Et qu’il craint d’être chassé par le souffle d’un revers de main.


C’est comme une roue de la fortune tournant sans cesse

Elle insuffle de maigres espoirs et de grosses douleurs

Et le numéro qu’on vise pour atteindre le bonheur

Elle le laisse seul ou le destine à une autre personne

De telle manière que malgré les efforts, on ne l’obtienne jamais


Cependant si je me sens si petit devant cette masse

De gens, prisonnier d’une pensée envahissante et passant

D’un extrême à un autre, abandonné par l’aurea mediocritas

Mon esprit continue de penser grand



Alors, quitte à subir le destin de la grenouille,

Je suis tout de même là.

L'ampoule.

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« Ne recherchez pas la connaissance pour elle-même. Tout ce qui ne procède pas directement de l’émotion est, en poésie, de valeur nulle »

(M. Houellebecq – Rester vivant)


Tu allumes. Éteins. Apparais. Disparais.

Et t’éloignes devant les dernières lueurs de l’ampoule.

Pars. Ferme tout à clé. Et laisse-leur

Permets aux ténèbres d’entrer dans la pièce.


Sous mon globe de verre, en retrait de la scène,

De ma haute loge, j’ai renoncé à briller.

Deavant ce spectacle, je ne pouvais que me taire.

Et désirer, les circuits hérissés, ton retour.


Pourtant quand les claquements de tes pas sur le

Carrelage et celui de l’interrupteur ont résoné

Très vite, en courant, j’ai voulu te rejoindre

Mais je n’en avais plus, perdu mon culot inné !

Freinée ma vitesse, par une simple pression !

Le commutateur m’a voué à l’inaction.


La nuit tombant, j’ai sollicité mes lumières

Pour faire brûler les cierges de la mémoire

Et dans le vacarme du silence, dans le noir

Un petit goût amer se répandit


Celui d’avoir commencé sa vie à la fin

Enterré dans le charnier d’une caisse fermée

Puis exhumé dans les allées du magasin

Dans le but avouable de faire acheter


De la boite au rais du soleil, mon modèle

Je me suis senti soulevé par une force étrangère

Jusqu’au lampadaire où j’ai été fixé

Avec une mission : illuminer la salle à manger.


Clair/obscur. Jour/Nuit. Candide/sinistre

Je te vois, tu ne me vois pas. Je suis là mais

Tu l’as oublié. Je suis transparent. C’est vrai.

Mais voir tout ce monde défiler ne me rend pas triste.


Un paparazzi aux flashs crépitant

Qui, sans rien chercher, arrive à tout savoir

Un témoin lumineux qui guide le fleuve de tes âges

Le sable brillant dans lequel se blottit le temps


La présence qui sublimerait tes rires

Et le phare qui te donnerait espoir lorsque

Une mer de tristesse se formerait au creux de tes yeux

Mais je ne suis qu’une lampe sans génie


Vouloir et être. Attention à la frontière !

Ont gémi mes branchements rougissant sous l’effet

D’un court-circuit soudain et sournois

D’un coup de foudre qui m’a électrisé

Ils n’ont pas voulu me laisser m’attacher à toi

Ils ont dit que c’était la pire faute à commettre

Et ma condition m’a été rappelé par une paroi de verre


Mon halo fulgurant a volé en petits éclats

Mes plates intentions sont devenues platoniques, honte courtoise

Et tu cours, toi , quelque part où je ne suis pas, dans le monde

Que suis-je ? Mes rayons se mutent en pénombre …


Ma vie ne tenait qu’à un fil tortillé. Il s’est oxydé

Avec le retard propre à l’allumage, on a essayé de m’aider

Vains les caresses du néon et les éléctrochocs d’halogène

Et sous ma bulle vitrifiée, flotte mon âme de Tungstène

 
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