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L’escalier

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Parce qu’il a fallu un jour renoncer à aller vers l’avant
Parce qu’il a fallu considérer les lignes droites comme ennuyantes
Je ne suis pas celui qui a décidé de te relever la tête
Qui a fait bleuir tes yeux en te faisant admirer le ciel
Si je parais inacessible, je reste tout de même mortel

On a dû te dire que le moment était venu pour mûrir
Emprunter l’escalier  et ses marches pour grandir
Je sais que le long de la rampe sont gravés tes rêves
Des désirs pour lesquels tu trébucheras quelquefois par déveine
Ma main est un appui faible mais reste néanmoins tienne.

Des obstacles peuvent se dresser ou le désespoir te corrompre
Ton courage s’étioler au rythme des secondes
Je ferai tout pour te faire franchir ces marches
Mais si je dégringole ou que les nuages de tes doutes s’amoncellent
N’oublie pas de regarder vers ce sommet que le bonheur ensoleille

Petit à petit, il faudra progresser, nos muscles fatigués
Monter pour nous débarasser de ce marasme qui nous freine
Et quand bien  même la chute nous guette, notre entraide
Et nos sourires complices pallieront à toutes nos détresses
Pour finalement arriver à l’étage de nos projets
Où nos traces disparaîtront dans la lumière de l’intimité.

C'est comme (une pensée)

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Cette pensée,

C’est comme la fureur d’une rivière endiablée

Dans laquelle un arbre se serait mis à pousser

Et qui réfrénerait cet enthousiasme déchainé

Et même au creux de la vague, il ne pourrait lâcher

Sous peine d’être arraché comme un vulgaire bout de bois


C’est comme parcourir l’étendue d’une page

Et consulter la carte des chapitres, pour partir

C’est vivre l’aventure de l’intrigue, sous l’impression du livre

Et croire à la réalisation d’une péripétie qui peut changer la vie

Tout en sachant que l’impossible ne peut advenir


Et même si je me sens si petit à l’aune de tous ces changements

Je ne peux cependant pas éviter de penser grand



Cette pensée,

C’est comme une caravane embourbée dans le désert

Conduite par un voyageur qui était distrait

Et dont le rêve serait d’emporter ce qu’il considère comme le soleil

En oubliant que s’en approcher, c’est brûler ses repères

Pourtant, il continue de désirer cette richesse qui n’est pas monnaie


C’est comme si le sable des occasions manquées

S’était mis à se solidifier en une idée à laquelle se raccrocher

Tout en promettant que cette fois-ci, elle ne partirait pas en poussière

Et les grains de se glisser alors au creux des réflexions instantanées

De manière à ce que tout se ramène à elle en un coup de fouet


Et même si je me sens petit sous la gifle du vent

Mon esprit essaie de me convaincre que je peux penser grand.



Cette pensée,

C’est comme un fantôme qui se lasserait d’être invisible

Et qui forcerait ses traits au feutre indélébile

Au détriment du reste, juste pour être regardable

Car il n’a pas compris que tout pouvait être écrin

Et qu’il craint d’être chassé par le souffle d’un revers de main.


C’est comme une roue de la fortune tournant sans cesse

Elle insuffle de maigres espoirs et de grosses douleurs

Et le numéro qu’on vise pour atteindre le bonheur

Elle le laisse seul ou le destine à une autre personne

De telle manière que malgré les efforts, on ne l’obtienne jamais


Cependant si je me sens si petit devant cette masse

De gens, prisonnier d’une pensée envahissante et passant

D’un extrême à un autre, abandonné par l’aurea mediocritas

Mon esprit continue de penser grand



Alors, quitte à subir le destin de la grenouille,

Je suis tout de même là.

L'ampoule.

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« Ne recherchez pas la connaissance pour elle-même. Tout ce qui ne procède pas directement de l’émotion est, en poésie, de valeur nulle »

(M. Houellebecq – Rester vivant)


Tu allumes. Éteins. Apparais. Disparais.

Et t’éloignes devant les dernières lueurs de l’ampoule.

Pars. Ferme tout à clé. Et laisse-leur

Permets aux ténèbres d’entrer dans la pièce.


Sous mon globe de verre, en retrait de la scène,

De ma haute loge, j’ai renoncé à briller.

Deavant ce spectacle, je ne pouvais que me taire.

Et désirer, les circuits hérissés, ton retour.


Pourtant quand les claquements de tes pas sur le

Carrelage et celui de l’interrupteur ont résoné

Très vite, en courant, j’ai voulu te rejoindre

Mais je n’en avais plus, perdu mon culot inné !

Freinée ma vitesse, par une simple pression !

Le commutateur m’a voué à l’inaction.


La nuit tombant, j’ai sollicité mes lumières

Pour faire brûler les cierges de la mémoire

Et dans le vacarme du silence, dans le noir

Un petit goût amer se répandit


Celui d’avoir commencé sa vie à la fin

Enterré dans le charnier d’une caisse fermée

Puis exhumé dans les allées du magasin

Dans le but avouable de faire acheter


De la boite au rais du soleil, mon modèle

Je me suis senti soulevé par une force étrangère

Jusqu’au lampadaire où j’ai été fixé

Avec une mission : illuminer la salle à manger.


Clair/obscur. Jour/Nuit. Candide/sinistre

Je te vois, tu ne me vois pas. Je suis là mais

Tu l’as oublié. Je suis transparent. C’est vrai.

Mais voir tout ce monde défiler ne me rend pas triste.


Un paparazzi aux flashs crépitant

Qui, sans rien chercher, arrive à tout savoir

Un témoin lumineux qui guide le fleuve de tes âges

Le sable brillant dans lequel se blottit le temps


La présence qui sublimerait tes rires

Et le phare qui te donnerait espoir lorsque

Une mer de tristesse se formerait au creux de tes yeux

Mais je ne suis qu’une lampe sans génie


Vouloir et être. Attention à la frontière !

Ont gémi mes branchements rougissant sous l’effet

D’un court-circuit soudain et sournois

D’un coup de foudre qui m’a électrisé

Ils n’ont pas voulu me laisser m’attacher à toi

Ils ont dit que c’était la pire faute à commettre

Et ma condition m’a été rappelé par une paroi de verre


Mon halo fulgurant a volé en petits éclats

Mes plates intentions sont devenues platoniques, honte courtoise

Et tu cours, toi , quelque part où je ne suis pas, dans le monde

Que suis-je ? Mes rayons se mutent en pénombre …


Ma vie ne tenait qu’à un fil tortillé. Il s’est oxydé

Avec le retard propre à l’allumage, on a essayé de m’aider

Vains les caresses du néon et les éléctrochocs d’halogène

Et sous ma bulle vitrifiée, flotte mon âme de Tungstène

Le souvenir, les mots et le sourire.

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« Mais si le sentiment qu’elle éveilla en moi ne fut pas ce que appelle de l’amour, j’avoue qu’il s’en rapprochait un peu. Je désirais qu’elle fut heureuse […] même si je n’avais pas la moindre idée qu’elle pût me choisir pour l’objet de son amour. Mais quand j’entendais ouvrir la porte, le cœur me battait, dans l’espérance de voir paraître Zanze ; si ce n’était pas elle, je n’étais pas content ; et si c’était elle , mon cœur battait plus fort et s’ouvrait à la joie. »
(Silvio Pellico, Mes Prisons)


Aujourd’hui, alors que le dehors brûlait de
Milles feux, il s’en était éloigné de ces
Grands torrents de clarté, de peur de s’y noyer
Et si ses rideaux occultaient certes le monde
Cela ne l’empêchait pourtant pas de puiser
Une fluorescence diffuse à l’excès
C’était la trace agonisante d’un sourire


Une courbure esquissée de deux infinis
Comme un tremplin pour concrétiser une envie
Mais que faire lorsqu’on l’empêche de dire ?
Quand des liens l’enserrent de couardise
Et qu’il ne reste que les mots d’un souvenir ?


Ces derniers sont une drogue aux lettres attachées
Synthèse de graphèmes, de secrets « je t’aime »,
Artifice pour rêver une destinée
Un shot pour l’éther puis amerrir dans l’amer
Ce sont des joies qui ne doivent pas mourir


Doit-il se satisfaire de ces sensations
Destructrices ? De ces fondations factices
Qui lui permettent d’envisager l’impossible
Le temps de longues secondes d’inattention
Pour s’évader et attendre le prochain rire.


Et lorsqu’il écoute son cœur qui fonctionne
Comme une batterie qui ne s’arrêtera pas
Ce rythme dont il n’a pas fait le choix
Cette frappe mollassonne qui le fait vivre
Il voudrait la dynamiser, la rendre ivre.


Qu’elle s’emballe à l’idée de ces termes et de ses éclairs
Et que ces battements de cœur sur caisse claire
Soient des claquements de coups de feu persuasifs
Et que les roulements incitent à partir au plus vite
Des obstacles insurmontables sont à franchir !


Que le chant des cymbales lui hurlent le courage
Et la mélopée rauque des fûts une telle rage
C’est un combat pour plus de luminosité
Afin de dévoiler ce qui a été caché
Pour multiplier par milliers mots et sourires.


L’objectif louable faisait frémir la route
Mais le temps passait et allongeait sa course
L’éclat de ses désirs semblait diminuer
Sa volonté s’amoindrir face à l’obscurité
Devant le but, il ne put que défaillir !


Et le rythme avait repris sa monotonie
Et lui, tout autour de sa misérable vie
Ne voyait que d’épais murs dressés en silence
Qui portaient plus haut que toutes ses espérances
La peur est une barrière qu’on ne peut franchir


Estompée la magie des actes du héros
Rejetés les superbes rêves d’autre chose
Dehors, incendie et les campagnes souffrent
Ici, mots, souvenirs lentement s’étouffent
Et la fantaisie lumineuse n’eut qu’à partir


Voici un homme gorgé de l’aura du soleil
Qui, pour vivre, n’avait besoin que d’une lumière
L’halo irisé d’une personne chère
Et dont il aurait pu dire qu’elle était belle
Et avec qui il aurait partagé un sourire.

[PM] Valentine's Day

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Elle court , elle court , Valentine, dans les rues
Elle voit ses cœurs dans les vitrines , mis à nus
Elle les contemple , jetés pêle-mêle sur billet vert
Elle a échangé son intimité pour un salaire

Elle court et sprinte vers sa ruine , Valentine
Casseroles aux pieds ou sur les ailes du crime
Elle soude les lèvres et les coups qui se perdent
Lie les destinées pour ensuite mieux les défaire

Elle fait sa tournée dans la bruine Valentine
Et l’hiver lui prépare une couche enneigée hors de la ville
Dans le ciel où tant d’espoirs à peine nés brillent

Ce jour minuté de battements lui est consacré, à Valentine
Qui courbe l’échine et lance une dernière pincée d’envie
Et avant que les douze coups aient sonné , s’évanouit.

[PM] Blocus

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Des océans de papier
Pourtant cloués au sol
Des moutons délavés
Qui broutent de la poussière
Chut ! Le berger est assommé
Un coup de syllabus par derrière …

Le temps n’a plus son cours
Pourtant les cours ont toujours le temps
De casser le fil des jours
Pour le retordre plus facilement
Derrière le cou , la poutre !

Ariane ne projette plus son regard dans les étoiles
Elle a perdu sa bobine , son plus bel atout
Défigurée , elle a perdu la foi, Taïzé est loin
Il est parti combattre le Minotaure
Il court à la poursuite du temps dans son labyrinthe
Avec le poids des choses à faires et des montagnes de café
Et le monstre l’attend , emmitouflé dans un pagne de toile
Il attend un rite de passage pour le laisser passer
Vers l’Élysée de César ou le détour d’Auguste
La rencontre de leurs regards sera un coup de tonnerre
Qui résonnera douloureusement aux oreilles
La lumière chassera le sable et la nuée
Rendra la vue au berger aveuglé de sommeil
Qui sentira brûler les remontrances de son réveil vert
Quatre chiffres tatoués au fer rouge
Il saura que le fil l’a étranglé
Que le temps l’a dépassé , contourné
Pour mieux le prendre par derrière
Et le déposer , strangulé, sur un linceul de laine

[PM] Prendre de la bouteille.

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Un jour, j’ai compris que certaines assurances
N’étaient pas à vendre, même au prix les plus fous.
Et que des billets chiffrés de zéros doux
Ne pouvaient pas tout avoir, même par l’esclandre
Les financiers qui tiennent les cordons de la vie
Délivrent des saluts à coups d’indulgences
Mais ils n’ont aucune protection à offrir
Lorsque l’on demande, pour affronter le monde,
Un peu de prestance. Ils n’ont rien ces larrons,
Rien d’autre à donner qu’une bouteille à prendre

On m’a balancé la mienne. Elle était vide .
Jalousait les autres qui gambadaient emplies
Et moi qui ne savait vraiment plus quoi en faire
Dans une sombre colère, je l’ai jetée en mer
Une bouteille à la mer ! Mais personne pour la sauver
Les vagues l’ont ébréchée . Je me suis abimé
Flasque, je l’ai rejointe sur un lit d’écume
Pour qu’elle se remplisse. J’ai longtemps attendu
Moi qui pétillait d’envie de remonter le moment venu
Dans un sublime éclat , à la surface.

Cet instant arriva , s’écoula puis passa
On est arrivé sur terre, près d’un goulot
Bouchonné de toute part, histoire d’avoir chaud
Et j’étais sans assurance malgré cela
Paraissant orgueilleusement emplie à l’extérieur
Mais pourtant si fragile à l’intérieur
Petite bouteille qui contient ce que je suis
Sans cesse oscillante et jamais en l’équilibre
Elle pourrait se briser en morceaux
Si facilement. Il suffirait d’un mot.
Comme ce nom de baptême gravé sur ce bateau
Chercher à ce que le paraitre ne cache pas l’être
Pour que le rempli ne noie pas le vide
Une envie aussi solide qu’une ancre en eau
Et une bouteille prise et lancée en une action
Eclate sur la proue en signe d’onction
Des gouttes dorées qui pleuvent sans pareille
Un adoubement de Don pour affronter le monde
Ne pas être ou être , la réponse est la seconde
Est-ce que tout ça, ne vaudrait pas une bouteille ?

(PM) Death Dancing

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Moi je n'aime pas les lumières déchargées

Qui me dénudent face à toutes vos lentilles

Moi je n'aime pas ces milliers de corps en vrille

Qui vibrent aux sons de réverbères troués


Moi je n'aime pas ces dédales aux arches carrées

Ces plaques d'ébène , cet espace confiné

Moi je n'aime pas ces sols de pierre jonchés

De larmes brisées comme des éclats de verre


Il faut croire que je me suis trompé d'époque.



Revêtu de mes plus belles nageoires, de noir

Je me sens aussi bien que si ce n'était pas moi

Un pingouin lâché sous les néons d'un désert

Qui cherchait dans le sable, un petit bout de mer


Nimbé d'une condensation dense de Redbull

De semblants pas de danse tressaillant de ridicule

Et dans cette estampe colorée de gens

Il subsiste encore un trait en noir et blanc.


Il faut croire que quelque chose me bloque


Il y a des lasers chatoyants qui me découpent

Pourtant je ne saigne d'aucun membre

Il y a des coups de canon qui résonnent

Qui en vrombissant dans l'air ne tuent pourtant personne


Ce n'est pas moi qui gît dans cette atmosphère

Mais l'autre Je, celui qui se croit tellement beau

Il y a ce nœud de cravate qui me désespère

Où est mon identité? Au gibet de mes défauts?


J'ai besoin d'aide pour retrouver l'équivoque


Parmi les siens , il ne trouve plus l'équilibre

Faudra t-il que je réapprenne à vivre?

Planté sur un bateau qui ne put plus suivre

L'alcool de son me saoule sans me rendre ivre


Et cependant, tout le monde danse et s'en moque.

[PM] Champ de bataille

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Volutes de fumée qui s'enfuient vaille que vaille

Un plateau troué par une terreur sans nom

Des corps projetés dans des ballots de paille

De terribles cauchemars qui en disent long


Mon corps meurtri a reçu une salve de balles

Mon âme a fui à cause d'un bout de métal

Je me sens léviter vers de nouvelles ouvertures

Et dans la tente, on fait compter les blessures


Dans ce paradis de grosse toile grossière

Les anges sont vêtus de blanc et infirmières

N'attendez d'elles aucun verset de réconfort

« Oui , t'es pas mort et il te faudra vivre encor'! »


Lorsque j'étais tout petit, j'adorais la guerre

Et naguère je créais une mythique confrontation

Un lion ceinturé à la langue bien haineuse

Contre un coq vermeil éternellement paresseux

Et un iris jaune voulant garder l'étable entière

En l'absence des trois Rois Mages qui tournent en rond


La neige tombe et il gèle à pierre fendre

Mes pas tuent l'herbe tendre de Novembre

Le vent menant les cendres amies méprise mon existence

Mes frères! Peut-être, je ne connais pas ma chance!

Mais chaque soir,mes larmes diluviennes descendent

Pour laver vos visages de la poussière d'oubli

Et vous bercer tranquillement dans vos lits polis


Que je déteste nos pourceaux de supérieurs

Qui égrènent en se marrant le nom des assassinés

Et plus qu'ils élèvent pour bravoure et honneur

Mon égo et celui de mes comparses enterrés


Ils ont lancé des bouquets de fleurs à l'Histoire

Et se sont justifiés sur le bas-côté.

Nous avons balancé des grenades à l'Histoire

Et nous n'aurons jamais fini de le payer!


Une corde pour vous rejoindre là, tout au bout

Un peu raide mais arrimée à mon cou

Laissons le temps s'écouler d'once en once

Il apportera peut-être des questions à nos réponses!

[PM] Film Ancien

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Il y'a un transfert bicolore dans mes yeux

Un espoir ravivé sous cette clarté

Des regrets cachés sous un manteau bien fermé

L'aventure se boucle sans se terminer

Le résumé d'une vie en petits clichés

Et je n'arrive pas à trouver le juste milieu


Ce soir, c'est la première!Et la foule se presse

Ticket à la main, elle foule le domaine

Et assise dans cette populaire messe

Elle juge, sous le regard vitré, la peine


Déjà surgissent les premières prières

Les craquements sinistres du maïs broyé

Appels à la luxure en pleine lumière

Un peu de débauche avant de se crucifier


Via le feu qui circule dans mes entrailles

Je projette à toutes ces pupilles affamées

Les images avec lesquelles j'ai fait mon repas

Les régurgite à une cadence infernale

Et je m'en lave les circuits de tes pitiés

Tu auras ta coupe même contre ton gré!


Dénudée et exposée sur une mince toile

Toute ton existence est passée au crible

Désormais sans odeur, vidée jusqu'à la moelle

Tu deviendras leur cible dans quelques heures


Il n'y a plus de confessions dans cette enclave

On est horrifié devant l'ampleur des maux

Jalousement gardés au sein de ta mémoire

Mais c'est extirpés dans le coin d'une chambre noire

Nimbés de la lueur sanguine des eaux

qu'on mettra en scène leur dernier hommage


Et puis soudain,un claquement, voilà le drame!

Un voile noir me couvre les yeux et trois lettres

Blanches jouent le rôle de tunnel d'espérance

Avec comme mélopée, les gens qui s'apprêtent

Les avis émis par ces messieurs et ces dames

Demandent ta tête moyennant finance


Projecteur et sujet , qui sera mortellement blâmé?

Tous les deux sous les feux de l'estrade

Ont été jugés par le petit peuple fade

Mais pour déterminer le coupable, il faut trancher.


Car ceci n'est qu'un film ancien

Relatant les actions d'un homme de bien

Mais déformés par la prise d'un autre chemin

Et le monde ferme les yeux devant son quotidien.

[PM] Labyrinthe

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Là où je vagabonde, ce labyrinthe

Naviguant entre la pierre, Dédale en ces murs

Emprisonné dans mes pièges contre-nature

Et la perspective de liberté m'éreinte


Il n'y a que les nuages pour me tenir compagnie

Et le reflet tricolore de ces soleils électriques

Qui changent sans cesse de nuance, à l'infini

Ils surplombent su haut d'un poteau anémique


Il n'y a qu'une foule de spectres comme confrérie

Vivant parmi les morts, ils auraient dû m'achever

Pourtant les caresses de leurs regards vides

Me ramènent à ma condition de vie


Il n'ya que des fantômes comme fratrie

Et je suffoque d'être ainsi différencié

Assassiné par d'ectoplasmiques poignards

De désinterêt,et agenouillé, hagard

Noyé sous ces effleurements d'yeux révulsés

Même mort parmi les morts, je suis encore impie


Là où j'erre, tentacules vernaculaires

Perdu dans ces rues, Dédale mais fier

Brûlé par ce kaleidoscope électrifié

Je veux me libérer mais je ne peux voler.

[PM] Le Cercle Vicieux du Pessimisme

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On peut se croire vaurien face à l'éclat d'autrui
Rire de cela au pluriel et puis, dément
Convoiter leurs trésors sans accorder de valeur au sien
Se badigeonner d'encens brûlant pour se purifier de ces faux encensements

On peut noircir des centaines de blanches pages
Se sentir supérieur par de superbes et subtils jeux de mots
Puis découvrir la même chose dans un sillon sans vague,ni flot
Se remettre de la chute et vouloir à tout prix explorer le rivage

On peut se lamenter sur sa situation enviable
Faire le constat toujours semblable du délitement de sa personne
Se plaindre d'être seul et pas binôme,mouvant et pas stable
Mais ne rien faire pour que tout change et que le jour de gloire sonne

On peut prendre le volant de sa vie et accélérer
Changer complètement de voie pour se faire remarquer
Brûler les priorités et les sens pour ne devenir qu'un fantôme
Débrayer sa raison pour toujours et caler ses remords dans la paume

On peut jouer avec passion le rôle du Samaritain
Rendre service avec ardeur et distiller son bien
Attendre le néant en retour ou un peu de compassion
S'obstiner à ne pas voir les fils qui dirigent les actions

On peut penser toucher au but puis déchanter
Chanter en vers sa profession de foi envers le découragement
Se crucifier sur les pales battues par les quatres vents
Stigmatiser cette éolienne générant des cataclysmes virulents

On pourra un jour essayer d'endiguer le mécanisme
Placer une pierre pour tout faire définitivement exploser
Et là, debout sur cet isthme brûlé de tropismes
expier les fautes et vivre sans identité.
 
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