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De l'importance de la musique ...

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« Les idées musicales ou sensibles, précisément parce qu’elles sont négativité
ou absence circonscrite, nous ne les possédons pas, elles nous possèdent." (Maurice Merleau-Ponty)

Cette chanson en est la preuve ...




Le bifteck et les frites (R. Barthes, Mythologies)

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« Le bifteck participe à la même mythologie sanguine que le vin. C’est le coeur de la viande, c’est la viande à l’état pur, et quiconque en prend, s’assimile la force taurine. De toute évidence, le prestige du bifteck tient à sa quasi-crudité : le sang y est visible, naturel, dense, compact et sécable à la fois ; on imagine bien l’ambroisie antique sous cette espèce de matière lourde qui diminue sous la dent de façon à bien faire sentir dans le même temps sa force d’origine et sa plasticité à s’épancher dans le sang même de l’homme. Le sanguin est la raison d’être du bifteck : les degrés de sa cuisson sont exprimés, non pas en unités caloriques, mais en images de sang ; le bifteck est saignant (rappelant alors le flot artériel de l’animal égorgé), ou bleu (et c’est le sang lourd, le sang pléthorique des veines qui est ici suggéré par le violine, état superlatif du rouge). La cuisson, même modérée, ne peut s’exprimer franchement ; à cet état contre-nature, il faut un euphémisme : on dit que le bifteck est à point, ce qui est à vrai dire donné plus comme une limite que comme une perfection.

Manger le bifteck saignant représente donc à la fois une nature et une morale. Tous les tempéraments sont censés y trouver leur compte, les sanguins par identité, les nerveux et les lymphatiques par complément. Et de même que le vin devient pour bon nombre d’intellectuels une substance médiumnique qui les conduit vers la force originelle de la nature, de même le bifteck est pour eux un aliment de rachat, grâce auquel ils prosaïsent leur cérébralité et conjurent par le sang et la pulpe molle, la sécheresse stérile dont sans cesse on les accuse. La vogue du steak tartare, par exemple, est une opération d’exorcisme contre l’association romantique de la sensibilité et de la maladivité : il y a dans cette préparation tous les états germinants de la matière : la purée sanguine et le glaireux de l’oeuf, tout un concert de substances molles et vives, une sorte de compendium significatif des images de la préparturition.
Comme le vin, le bifteck est, en France, élément de base, nationalisé plus encore que socialisé : il figure dans tous les décors de la vie alimentaire : plat, bordé de jaune, semeloïde, dans les restaurants bon marché ; épais, juteux, dans les bistrots spécialisés ; cubique, le coeur tout humecté sous une légère croûte carbonisée, dans la haute cuisine ; il participe à tous les rythmes, au confortable repas bourgeois et au casse-croûte bohème du célibataire ; c’est la nourriture à la fois expéditive et dense, il accomplit le meilleur rapport possible entre l’économie et l’efficacité, la mythologie et la plasticité de sa consommation.

De plus, c’est un bien français (circonscrit, il est vrai, aujourd’hui par l’invasion des steaks américains). Comme pour le vin, pas de contrainte alimentaire qui ne fasse rêver le Français de bifteck. A peine à l’étranger, la nostalgie s’en déclare, le bifteck est ici paré d’une vertu supplémentaire d’élégance, car dans la complication apparente des cuisines exotiques, c’est une nourriture qui joint, pense-t-on, la succulence à la simplicité. National, il suit la cote des valeurs patriotiques : il les renfloue en temps de guerre, il est la chair même du combattant français, le bien inaliénable qui ne peut passer à l’ennemi que par trahison. Dans un film ancien (deuxième bureau contre Kommandantur), la bonne du curé patriote offre à manger à l’espion boche déguisé en clandestin français : « Ah, c’est vous, Laurent ! Je vais vous donner de mon bifteck ». Et puis, quand l’espion est démasqué : « Et moi qui lui a donné de mon bifteck ! ». Suprême abus de confiance.

Associé communément aux frites, le bifteck leur transmet son lustre national : la frite est nostalgique et patriote comme le bifteck. Match nous a appris qu’après l’armistice indochinois, « le général de Castries pour son premier repas demanda des pommes de terre frites ». Et le président des Anciens Combattants d’Indochine, commentant plus tard cette information, ajoutait : « On n’a pas toujours compris le geste du général de Castries demandant pour son premier repas des pommes de terre frites ». Ce que l’on nous demandait de comprendre, c’est que l’appel du général n’était certes pas un vulgaire réflexe matérialiste, mais un épisode rituel d’approbation de l’ethnie française retrouvée. Le général connaissait bien notre symbolique nationale, il savait que la frite est le signe alimentaire de la « francité ».

Bref, mon plat préféré est un mythe ^^

L'art d'ouvrir l'huître (L'Huître, F. Ponge)

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-->Qui aurait-cru qu'une simple définition d'encyclopédie sur cet innocent coquillage allait inspirer un des poètes les plus novateurs du XX ès (enfin , d'après mes cours bien évidemment)? Car ce qui suit est bel et bien un poème même si la forme est très particulière - très encyclopédique même comme je le mentionnais plus haut ( et puis, si vous trouvez des vers dans l'huître, c'est qu'elle n'est plus très fraîche! [Ha! ha! ha! Blague débile inside]).
Perclus de figures de style ultra-intéressantes (dont je vous ferai grâce pour ma santé mentale), cette pièce littéraire vaut vraiment le détour. Pas pour le contenu mais plutôt la manière de l'amener et de le décrire ...

L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir : il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles : c'est un travail grossier. Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos.
A l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords.
Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner.

Bien entendu, il existe une lecture un peu plus marginale de cette prose. Mais le travail étant suffisamment grossier comme cela, je me refuserai à en rajouter une couche ...

Big Brother is deriving you ...

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"C'est une belle chose, la destruction des mots. Naturellement, c'est dans les verbes et les adjectifs qu'il y a le plus de déchets, mais il y a des centaines de noms dont on peut aussi se débarrasser. Pas seulement les synonymes, il y a aussi les antonymes. Après tout, quelle raison d'exister y a-t-il pour un mot qui n'est que le contraire d'un autre? Les mots portent en eux-mêmes leur contraire. Prenez "bon", par exemple. Si vous avez un mot comme "bon", quelle nécessité y a-t-il à avoir un mot comme "mauvais"?. " Inbon" fera tout aussi bien , mieux même, parce qu'il est l'opposé exact de bon, ce que n'est pas l'autre mot. Et si l'on désire un mot plus fort que bon, quel sens y a-t-il à avoir tout une chaîne de mots vagues et inutiles comme "excellent", "splendide" et tout le reste? "Plusbon" englobe le sens de tous ces mots, et, si l'on veut un mot encore plus fort, il y a "doubleplusbon" (...) En résumé, la notion complète du bon et du mauvais sera couverte par six seulement , en réalité un mot seulement. Voyons-vous Winston, l'originalité de cela? Naturellement (...) , l'idée vient de Big Brother."
George Orwell, 1984

Au fait, qui a dit que la dérivation lexicale était quelque chose de difficile et d'inacceptable?


A tout le moment , la rue ...

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Étrange que je réécoute cette chanson au moment où je clos la lecture du fameux Germinal de Zola. Ce treizième volume du cycle des Rougon-Macquart qui conte la lutte vaine d'un prolétariat miséreux face à des bourgeois avides de profits, le tout sous fond de naissance du socialisme.

Je n'ai pas l'habitude d'encenser ce qu'on appelle communément (et pompeusement) les classiques de la langue française. Ces derniers, aussi adulés et exceptionnels qu'ils soient, m'ont toujours laissé indifférent. Immaturité littéraire? Peut-être. Anachronie d'interêt? Probablement. Cependant ...

Germinal fait partie des rares exceptions. Ce roman a ce petit quelque chose qui le rend agréable, qui motive le lecteur à dévorer ces six cents pages - avec des pauses toutefois - juste pour en savoir davantage. Pourtant, on ne peut pas dire que je porte Zola dans mon cœur. La plupart de ses romans me laissent sans impression froid. Un peu à l'image des théories scientifiques qu'il a essayé d'insérer dans ses livres. Ce n'est pas faute d'avoir tenté de le vénérer mais rien à faire : c'est trop long. Et parfois, à l'instar de certaines chansons dans le Métal Progressif, ça tourne à la démonstration et ça devient moche et sans intérêt (je le fais aussi mais chuuuuut , c'est un secret).

Je pense que c'est le caractère profondément miséreux des personnages présentés dans ce treizième tome des Rougon-Macquart qui suscite mon accroche. Je ne suis pourtant pas socialiste ni spécialement pro-ouvrier mais la véracité des évènements présentés par Zola et le brio avec lequel il les agence et les narre pousse subitement le lecteur à prendre se shaillons pour aller manifester contre l'injustice. Rien que ça ...

Tout cela pour dire que les paroles de cette chanson me rappellent énormément de passages dudit roman (on pourrait l'utiliser d'ailleurs comme B.O. d'un futur hypothétique remake....) . Coïncidence? Ce serait trop beau pour être vrai...

À chacun de nos souffles
Au moindre murmure des bas fonds
C'est dans l'air comme un chant qui s'étrangle
Que d'un pavé de fortune
Contre le tintamarre du pognon
À tout moment la rue peut aussi dire non (x2)

C'est un pincement de lèvres
Et la peur qui perle d'un front
La faune et la flore à cran en haillons
Et l'éclat de nos palpitants
Dans l'ombre du marteau pilon
À tout moment la rue peut aussi dire non (x2)

Non comme un oui
Aux arbres chevelus
À tout ce qui nous lie
Quand la nuit remue
Aux astres et aux déesses
Qui peuplent nos rêves
Et quand le peuple rêve
A tout moment la rue peut aussi dire...

Et si quelques points noirs
En cols blancs poivrent nos cieux
D'ondes occultes en tubes longs et creux
A bien compter le monde
Est x fois plus nombreux
Que ces trois cent familles qui sur la rue ont pignon
À tout moment elle peut aussi dire non
À tout moment elle peut aussi dire non

Comme un oui
Aux arbres chevelus
À tout ce qui nous lie
Quand la nuit remue
Aux astres et aux déesses
Qui peuplent nos rêves
Et quand le peuple rêve il aime
Disposer de lui même (x2)

Non comme un oui
Aux arbres chevelus
À toutes ces nuits qui nous lient
Et même si elles ont trop bu
C'est aux astres et aux déesses
Qui peuplent nos rêves
Et quand le peuple crève
À tout moment la rue peut aussi dire...

À chacun de nos souffles
Au moindre murmure des bas fonds
C'est dans l'air comme un chant qui s'étrangle
Que d'un pavé de fortune
Contre le tintamarre du pognon

Bande de cons (Thomas Gunzig- "La Semaine Infernale", 2007)

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Et le pire, c'est qu'en 3 ans , à part des noms , rien n'a changé ...

Bande de cons ! Pas vous, cher public !
Les autres, les formateurs, informateurs, explorateurs, chef de groupe, président de partis flamands, présidents de partis francophone, second couteau, troisième couteau, de gauche, de droite, les cathos, les écolos, les franc-maçons, les libéraux…
Bande de cons de Flandre Bande de cons de Bruxelles Bande de cons de Wallonie.
D’abord à tous ceux qui croient avoir gagné les élections d’il y a 5 mois. A tous ceux qui avaient un grand sourire A tous ceux qui avaient les bras en l’air.
Le temps est venu de vous avouer quelque chose : Les gens n’ont pas voté pour vous parce qu’ils vous aimaient. Les gens ont voté pour vous parce qu’ils étaient obligés.
A la veille du onze juin : dans les rues, les maisons, les bureaux les gens hochaient la tête et se demandaient vraiment qui ils allaient pouvoir choisir dans parmi ce catalogue de nul, de klet, de nouilles, d’opportuniste agressif, de carriéristes sans charisme, de mal fringués, de gros type à l’élocution problématique, de petit nerveux en pleine tendinite de l’égo, de semi-hystérique, de semi-mafieux, de cynique, de je-m’en-foutiste, de raté de tout le reste, de fils à papa, d’expert comptable en décrochage professionnel, d’entrepreneur en faillite frauduleuse, de sinistres, de pas lavés, de faux gentil, de vrais méchant…
Les Leterme, De Krem, Reynders, Milquet, Michel, De Weaver, Maingain, Wattelet, Bacquelaine… Cette morbide collection de névroses qui nous gouvernent avec leurs troubles anxieux, leur troubles dissociatifs, leur trouble psycho sexuelle, leurs troubles obsessionnels compulsifs.
Et en plus, ils sont tous… Si moche…
Cette élection, à tous le monde, ça a un peu fait l’impression d’un de ces mariages forcé que l’on organise dans des pays très loin d’ici. C’est comme si on avait été une jeune fille devant choisir entre le vieux marchand qui pète au lit où l’arrière cousin qui ne se brosse pas les dents.
Bande de cons.
Vous n’avez rien gagné du tout. Si c’était possible, on reprendrait nos voix et on ne les donnerait qu’après les négociations, à ceux qui auraient su être un peu intelligent, un peu sobre, un peu humain. Mais non donner c’est donner, reprendre c’est voler. Vous aviez un chouette petit pays, pas très grand mais bien équipé de voisin plutôt sympas bien situé avec la mer, avec la forêt, avec pas trop de charges. Vous aviez une chouette petit population, pas parfaite parfaite. Mais en gros, ce n’était pas des talibans non plus, c’était pas des Contras, c’était pas des Tigre Tamoul Une petite population de fabricant de pralines, des marchand de kayak, des chanteurs à texte, des comique parfois drôle, des stylistes un peu punk, des postiers plutôt poli, des sportifs en minijupe, de flics à moustaches, des tas de gens prêt à travailler plus à gagner toujours moins et à ne pas dire grand-chose. Une petite population qui mélange le goût des mandarines à celui des spéculoos. Une petite population qui n’a rien contre l’Eurovision ni les horodateurs.
Une petite population qui rend visite à ses grands parents le dimanche pour boire un café après le chicon gratin. Une petite population de buveur de bière et de joueur de kiker. Une petite population qui emmène ses enfants à Plakendael au printemps et à Paradisio en hiver…. Comme ça, sans ennuyer le monde, en VW Touran. Une petite population prévoyante qui à quelques euros sur un compte épargne et une concession au cimetière. Une petite population qui est plutôt toujours d’accord et en gros une petite population qui ne veut pas d’histoire.
Et vous,
Bande de cons,
tout ce que vous trouvez à faire, ce sont ces petites réunions où l’on tourne encore plus en rond que sur un circuit Marklin, ce sont ces petits comités aussi stérile qu’un champs patate à Tchernobyl, ce sont ces petites réactions à chaud qui me rappel les crise de mon chat, quand il n’aime pas la marque de ses croquettes, ce sont ces aires de petits tribun en solde, ce sont ces grands chevaux sur lesquelles vous montez et qui seront toujours comme ces petit poneys tristes de la foire du midi.
Tout ce que vous trouvez à faire, c’est de vous tirer dans les pattes pour gagner une floche qui vous donnera droit à un tour gratuit sur ce manège sinistre que vous appelez “politique”.
Bande de nuls.
Alors moi, J’ai eu une idée, une grève, une vrais grève, une bonne grève, une grève de tout le monde tant que la politique Belge ressemblera à une conserve de rollmops : Les enfants n’iront plus à l’école, les femmes enceinte n’accoucheront pas, les déménageurs ne déménageront pas, les navetteurs ne navettez plus, Alcoolique n’alcoolisez plus, chauffeurs ne chauffez plus, Pilote, mécanicien, traiteur, boucher, pêcheur, éboueur, esthéticienne, taxidermiste, stripteaseuse, scaphandrier, géomètres expert, fleuriste, trader, opticien, huissier, substitut, gourou, préfets, trésorier, banquier, infographiste, ajusteur, analyste programmeur, technicien, hotline, proxénète, dealeur, animateur, orthodontiste, urologue, animateur socioculturel, fossoyeur…
Et tous les autres…. Total Stand By On arête touts… Et vous verrez que dans trois jours, ils feront moins les malins.
 
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